Épigraphie : méthodes “traditionnelles” et humanités numériques

Julie Masquelier-Loorius
Umr Orient & Méditerranée

Cet article vise à présenter comment améliorer les compétences méthodologiques et techniques en matière de relevés épigraphiques (et iconographiques), quelles que soient l’aire géographique ou la fourchette chronologique concernée, quels que soient l’écriture et le(s) support(s) de cette écriture.

  • Présentation des différents outils, de leurs avantages et de leurs inconvénients
  • Moyens de s’adapter aux aléas d’une mission (de terrain, documentaire ou muséale) et des délais de publication

_________________________________________

L’interprétation des textes dépend de la qualité du relevé épigraphique, quelle que soit l’écriture concernée. Il est nécessaire d’ajuster la méthode de relevé, afin de faire face à des contraintes de tous ordres, qu’elles soient administratives (dans certains pays, sans autorisation de travail, il n’y a pas moyen d’effectuer un relevé sur plastique), qualitatives (si le monument n’est pas assez bien conservé ou si les signes sont illisibles à l’œil nu, il est préférable de réaliser une empreinte au latex par exemple ou d’utiliser de nouvelles techniques de photogrammétrie), voire quantitatives (si de très nombreux relevés doivent être effectués en peu de temps, il faut privilégier l’esquisse de la scène et le dessin des signes sur papier millimétré).

Étant donné la variété des supports de l’écriture (support de surface plane ou non ; artefact de petites dimensions ; mur de grandes dimensions), mais aussi de la variété des techniques utilisées pour l’écriture sur ces supports (peinture, incision, gravure, utilisation de clous, etc.), les tenants et les aboutissants de chacune des méthodes existantes doivent être examinés, comme la pertinence de l’utilisation de chacune d’elles dans des situations précises. Cela dépend de différentes variables : la taille du monument, sa relative condition (arénisation des grès avancée, etc.), mais aussi de la politique des responsables du projet/de la mission : la copie rapide de l’ensemble des textes peut primer sur la précision du dessin des signes et de l’agencement des scènes.

La multiplicité des champs de recherche et des écritures concernés ne doit pas être un frein, mais plutôt une richesse pour le propos. L’objectif est d’offrir des grilles d’évaluation selon le type de projet à accomplir. Bien souvent, les chercheurs n’ont pas connaissance de toutes les méthodes à disposition pour effectuer un relevé, ou alors ils ne peuvent pas mettre en œuvre la méthode de manière aisée (utilisation d’une tablette graphique, d’outils spécifiques dans un logiciel de traitement de l’image, etc.). Il s’agit de faire gagner du temps et de l’énergie aux chercheurs, en leur donnant les moyens de faire un choix judicieux au moment d’effectuer un relevé épigraphique (et le cas échéant iconographique) afin que celui-ci soit toujours de grande qualité et que le résultat obtenu puisse s’adapter à tout type de publication, ou être amélioré à l’avenir, par le biais de l’emploi de techniques complémentaires à celles déjà utilisées.

_________________________________________

Module 1 — Les méthodes et techniques employées pour les relevés et leur pertinence

  • avantages et inconvénients de chacune d’elles ;
  • évolution possible des méthodes et adaptations suivant le temps disponible, le type de support, le travail final souhaité (soit une copie des textes pour un travail philologique, soit un fac-similé plus précis pour une étude paléographique).

Il s’agit ici de surtout explorer les méthodes les plus couramment utilisées.

Module 2 — Les méthodes et techniques émergentes

  • la photogrammétrie adaptée à l’épigraphie et la question de l’utilisation de photographies pour faire des relevés (avantages et inconvénients, limites de leur utilisation) ;
  • présentation de la méthode appelée Reflectance Transformation Imaging (RTI) ou Polynomial Texture Mapping (PTM) ;
  • présentation du logiciel DStretch.

Module 3 — La finalisation de ces relevés (passage au numérique) et l’apport de ces relevés à nos disciplines : de l’archéologie à l’anthropologie religieuse, culturelle et sociale

  • l’étude des inscriptions (et des scènes) ne se limite pas à la paléographie (visible également sur des monuments gravés) et au contenu du texte (étude philologique).
  • les altérations du contenu, comme l’étude des matériaux utilisés comme supports et des outils employés pour la gravure et la peinture, permettent un enrichissement scientifique pluridisciplinaire ;
  • la collation d’informations dites « secondaires » permet de reconstituer le contexte de mise en œuvre du monument étudié et de participer à sa reconstitution historique
  • utilisation de la suite de logiciels Adobe afin d’optimiser les relevés (l’utilisation des logiciels est restreinte aux outils permettant une réelle amélioration des relevés épigraphiques et iconographiques).

 

Julie Masquelier
Julie Masquelier

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Julie Masquelier (16 février 2022). Épigraphie : méthodes “traditionnelles” et humanités numériques. Techniques au Top. Consulté le 14 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/uo99


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.