• Séminaire TechnicoTop 2022-2023 • Techniques émergentes appliquées au monde de la recherche en histoire et archéologie → vendredi 28 mai 2025 | journée entière
Ce mercredi 28 mai 2025, nous avons eu l’opportunité de visiter le musée du Louvre-Lens de manière privilégiée. Ce musée, inauguré il y a presque 15 ans, s’étend sur 360 mètres de long et regroupe 5 bâtiments au cœur d’un magnifique parc paysager ponctué de pas japonais et d’œuvres en trois dimensions. Il a accueilli plus de 6 millions de visiteurs. Récemment, la Galerie du temps a été entièrement repensée et la scénographie de ses 250 œuvres vient d’être achevée, pour surprendre de nouveau son public, en confrontant les œuvres issues de civilisations qui se sont développées dans différentes aires du monde, sur un laps de temps de 5 000 ans. Nous y trouvons notamment les quatre tableaux représentant les Saisons d’Arcimboldo, élaborés à quelques années près en même temps que le panneau en céramique du mausolée du sultan ottoman Selim II à Istanbul, un modèle de grenier du Moyen Empire égyptien, le masque féminin en or de Byblos, une peinture murale d’Herculanum, un portrait du Fayoum provenant des fouilles d’Antinoé, des éléments de décor et des statues provenant d’édifices religieux chrétiens, un aquamanile en forme de griffon ailé découvert à Nuremberg, une statuette de Vishnu d’Inde du Sud, l’échiquier de Saint-Louis en argent, quartz, cristal de roche et buis sculpté, un buste du naturaliste Buffon, une statuette d’homme-oiseau de l’île de Pâques, le tableau de François-Jean Gros figurant Charles-Quint reçu par François Ier à l’Abbaye de Saint-Denis quasi contemporain de l’arbre dynastique ottoman peint sur toile, le génie de la Liberté par Dumont, ou encore quelques statuettes ou masques africains issus des collections du musée du Quai Branly-Jacques Chirac.


L’équipe du séminaire Techniques au Top, ainsi que les participants au séminaire – doctorants, chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens de Sorbonne Université et de Panthéon-Sorbonne ou de structures privées – ont eu la chance d’en savoir plus sur le musée du Louvre-Lens et sur les personnes qui y travaillent. La journée a été ponctuée de nombreux échanges à propos des différents métiers liés au musée, à travers le parcours de chacun de nos quatre interlocuteurs. Nous en avons aussi appris davantage quant à l’organisation d’une exposition, depuis le choix de la thématique jusqu’à l’ouverture au public (synopsis, choix des œuvres, prêt des œuvres, scénographie).
|
→ Le musée du Louvre-Lens est une annexe du musée du Louvre à Paris. → Il y a des conservateurs au musée du Louvre-Lens. → Les catalogues d’exposition sont édités par la Réunion des musées nationaux. |
Le Louvre-Lens est un musée qui fait partie de la galaxie Louvre (au même titre par exemple que le musée du Louvre à Abou Dhabi), mais il est indépendant et ne s’y trouve ni collection, ni conservateur. Les œuvres exposées dans la Galerie du temps et lors des expositions temporaires font toutes l’objet d’un prêt – privilégié avec le musée du Louvre – auprès d’autres musées.
Cependant, toute une palette de professionnels de différents métiers est accueillie au sein de leurs équipes, notamment des médiatrices et médiateurs, dont le rôle essentiel est sensible à tous les niveaux : adaptation des expositions et des publications à différents publics – des plus jeunes aux publics avertis –, proposition d’activités complémentaires (ateliers, visites) ; des régisseuses et régisseurs d’œuvres.
Nous avons évoqué la genèse d’un projet d’une exposition et son évolution, ainsi que les stratégies développées par les uns et les autres afin d’obtenir le prêt de pièces. Nous avons fait le point sur le rôle des commissaire(s) d’exposition, des chargé(e)s de recherche et d’exposition, des architectes et scénographes ; des chargé(e)s de documentation et d’édition, mais aussi des régisseurs audiovisuel et concepteurs lumière…Et nous avons évoqué le transport des œuvres d’art, de la sécurité du protocole à la nécessité d’avoir des contenants adaptés au type de déplacement. De très nombreux métiers liés à la médiation culturelle, à la scénographie, à la régie, se rassemblent ainsi dans l’enceinte du Louvre-Lens, sans oublier l’administration – accueil des publics, finances, ressources humaines – et la sécurité, avec des exercices réguliers visant à la sauvegarde des personnes et des biens selon des critères calculés très précisément. Cela a été l’occasion, en plus de la nouvelle galerie du temps, de profiter des trois expositions temporaires.
- S’habiller en artiste. L’artiste et le vêtement, fait écho à l’histoire de la région liée au textile. Les 200 œuvres exposées sont liées au costume, à l’habillement ou sont des vêtements de créateurs, et posent les questions de l’apparence, des codes, de la créativité, de la mode.
- Quant à l’artiste contemporain Roméo Mivekannin, il s’inspire d’œuvres très connues du public – telles que le Radeau de la Méduse de Géricault – pour les recréer, en y insérant son autoportrait, dans L’envers du temps.
- Enfin, l’exposition Icônes venues d’Ukraine présente quatre œuvres, issues d’une opération de sauvegarde de seize œuvres ukrainiennes majeures, dont certaines datent du 17e siècle.
Nous remercions chaleureusement Hélène Bouillon, Clémentine Strzalkowski, Caroline Tureck, Louise Kolodziejski, ainsi qu’Annabelle Ténèze, directrice du musée et toute l’équipe qui a rendu cette visite possible.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Julie Masquelier (11 juillet 2025). – Visite au Louvre-Lens : réserves et services – avec Hélène Bouillon, Clémentine Strzalkowski, Caroline Tureck, Louise Kolodziejski. Techniques au Top. Consulté le 14 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/14bv6